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Hacker, un business comme un autre?

26 Mars 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Informatique, #Hacker

Hacker, un business comme un autre?

INTERVIEW - Wan Tao, 42 ans, se faisait surnommer le "parrain des hackers". Cet ancien pirate est aujourd'hui consultant en cyber-sécurité pour une société américaine.

Quel genre de hacker étiez-vous?
Quand j'étais étudiant en comptabilité financière, à Pékin, j'ai d'abord piraté le système informatique de mon université. Je pouvais modifier mes notes ou même trouver les réponses des examens que j'envoyais ensuite à mes camarades. Suite au bombardement américain de l'ambassade chinoise à Belgrade [le 7 mai 1999], nous, étudiants, avions le sentiment que notre gouvernement était lâche en ne ripostant pas. Par le piratage, je voulais montrer aux Américains la colère des jeunes Chinois. En 2001, avec mon groupe, l'Union de l'aigle de Chine, nous avons modifié la page d'accueil du site du ministère de la Défense taïwanais et d'autres sites gouvernementaux américains. Je me faisais appeler le "parrain des hackers chinois". Comme d'autres, je suis devenu expert, j'apporte des preuves qu'une entreprise est vulnérable et je leur fournis des solutions pour se protéger. Je pense être capable d'entrer dans n'importe quelle base de données et de modifier ces données à distance.

À quoi ressemble le hacking en Chine aujourd'hui?
Les hackers doivent être une force d'équilibre entre les grosses firmes et les petites sociétés, entre les gouvernements puissants et les populations démunies. Des millions de Chinois sont fascinés par la culture hacker. Mais seulement quelques milliers en ont les compétences et j'en connais beaucoup qui font cela pour l'argent et non plus pour leurs idéaux ou leur pays. En Chine, l'espionnage industriel est un business comme un autre, surtout avec l'arrivée d'Internet qui a permis de diminuer les risques et d'augmenter les gains. Il faut comprendre que notre système à venir sera totalement intégré à Internet : les retraites, la santé, la banque. D'où les risques, car Internet est encore guidé par les concepts d'accès libre et de partage gratuit.

Faut-il redouter de la Chine un hacking d'État?
Ce n'est plus du hacking, mais du "renseignement". Si vous affirmez que le gouvernement chinois procède à du piratage, je considère, pour ma part, qu'il s'agit d'une activité relative à la sécurité nationale. Après tout, si les Américains disaient : "oui, nous avons une cyber-armée", qui s'en étonnerait? Chaque pays, même sans ennemi distinct, doit pouvoir se protéger efficacement. Pour autant, les révélations du rapport Mandiant montrent plutôt que notre cyber-armée chinoise est loin d'être prête. La règle n° 1 du bon hacker est de nettoyer derrière lui, de cacher son passage. Or, on apprend que ces hackers militaires seraient installés à Shanghai, dans le centre financier de la Chine où sont rassemblées tellement de grosses banques sécurisées! Même si je considère qu'une adresse IP n'est plus une preuve suffisante, il est stupide d'être aussi facilement détectable. Cette révélation intervient au moment où le Congrès propose une législation en matière de sécurité informatique. Ce piratage chinois est une formidable opportunité pour les lobbies sécuritaires américains!

Source:lejdd

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