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SI Sécurité : DDoS et hacktivisme

13 Février 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #si securite

En 2010, les attaques DDoS ont été largement médiatisées par la presse pour des questions politiques ou idéologiques telle que l’affaire Wikileaks/Anonymous. Cette année-là, les assaillants ont considérablement augmenté les volumes d’attaques, et, ont lancé pour la première fois des attaques franchissant le cap des 100Gbps, ce qui représente environ 22 000 fois la bande passante moyenne d’un Internaute aux Etats-Unis en 2010.

En décembre, Wikileaks a subi de fortes pressions pour cesser de publier des documents classifiés de l’armée US. En réponse, le groupe Anonymous les a soutenu, et a qualifié par l’Operation Payback (Opération Représailles en français) la série d’attaques DDoS qu’il a mené contre Amazon, PayPal, MasterCard et Visa en représailles du comportement anti-Wikileaks. Ces attaques ont fait tomber les sites Web MasterCard et Visa le 8 Décembre. L’outil derrière les attaques Anonymous/Wikileaks est appelé Low Orbit Ion Cannon (LOIC). Bien qu’il soit à l’origine un outil de test de charge open-source, conçu pour effectuer des tests de résistance pour les applications web, il a été dans ce cas utilisé comme un outil DDoS.

2012 et au-delà : L’accélération des attaques visant la couche applicative Bien qu’il existe de nombreuses méthodes d’attaques différentes, les attaques DDoS peuvent être classées en deux catégories :

Les attaques volumétriques : les attaques par inondation saturent la bande passante du réseau et l’infrastructure (exemple : UDP, TCP SYN, ICMP).

Les attaques visant la couche applicative : Ces attaques sont conçues pour cibler des services spécifiques et épuiser leurs ressources (HTTP, DNS). Parce qu’elles utilisent moins de bande passante, elles sont plus difficiles à détecter. La situation idéale pour les attaques DDoS visant la couche applicative est lorsque tous les autres services restent intacts tandis que le serveur web est totalement inaccessible. Le logiciel Slowloris est né de ce concept, et est donc relativement très furtif par rapport à la plupart des outils d’inondation.

D’après Stratecast, les attaques DDoS ont augmenté de 20% - 45% par an, avec des attaques DDoS applicatives qui connaissent une croissance à trois chiffres. La tendance des attaques DDoS visant la couche applicative est claire, et ne risque probablement pas de s’inverser. Cependant, cette tendance ne démontre pas que les attaques volumétriques sur les flux ou sur le réseau cesseront. Au contraire, les deux types d’attaques vont s’associer pour être plus puissantes. Le rapport annuel Verizon sur la Violation des Données (2012 Verizon Data Breach Investigations) révèle que plusieurs attaques DDoS visant la couche applicative, qui cachent des attaques volumétriques, ont été utilisées pour voler des données, ce qui prouve que les attaques multivectorielles sont dorénavant utilisées pour dissimuler la véritable cible de l’attaque.

Les attaques DDoS gagnent en fréquence et en intensité tandis qu’en parallèle, les moyens de lancer une attaque sont simplifiés et la disponibilité des outils pour l’assaillant augmente. En outre, la complexité de ces attaques est en hausse en raison de leur nature polymorphe ainsi que le développement de nouveaux outils pour dissimuler leur véritable nature. En conséquence, les méthodes traditionnelles de détection sont souvent inutiles et l’atténuation devient plus difficile. Avec une telle évolution, il est essentiel que les organisations révisent leur posture de sécurité et s’assurent d’avoir les moyens de défense adéquats pour se protéger des attaques DDoS. Le principal défi est d’avoir une visibilité et un environnement suffisant pour détecter un large éventail de types d’attaques sans ralentir le flux et le traitement du trafic légitime ; et ensuite atténuer l’attaque de la manière la plus efficace. Une stratégie de défense multi-couches est donc indispensable pour permettre un contrôle précis et une protection de tous les composants qui sont au coeur des activités en ligne.

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