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La guerre des monnaies a commencé !

3 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Europe, #Economie, #Guerre économique

La guerre des monnaies a commencé !

De plus en plus de responsables politiques déclarent que la vigueur de l’Euro commence à inquiéter et que la monnaie unique est trop haute par rapport à ce que l’économie européenne est en droit d’attendre. Mais la guerre des monnaies n’a-t-elle pas déjà commencé ? La fermeté de la monnaie commune ne va-t-elle pas définitivement sceller le sort de la croissance de la zone Euro ?

Selon la définition, la monnaie d’un pays, ou d’une zone, est censée refléter sa vigueur économique (sa santé). Cette définition est applicable à un environnement économique normal. Mais aujourd’hui nous ne sommes plus dans un cadre classique.

S’il est une évidence qu’une monnaie trop forte est une mauvaise chose pour les exportations, il faut tout de même noter certains avantages depuis la création de l’Euro (qui favorise les échanges entre les pays membres, améliore les termes de l'échange, fait disparaitre les contraintes de change …).

La limite des 1.35 dollar face à l’Euro a donc soudain réveillé certaines inquiétudes en Zone Euro en référence aux difficultés rencontrées par les entreprises exportatrices de la zone Euro.

De manière générale, on peut estimer que si l'Euro venait à progresser au-delà de 1,40 dollar, la situation deviendrait réellement critique pour l'industrie européenne...

S’il est vrai que la perception d’une amélioration de la crise européenne a poussé l’Euro à la hausse après LE discours de Mario Draghi en 2012, la suite de la hausse a aussi été à mettre sur le compte des banques centrales.

En effet, le fait que la BCE ne réponde pas concrètement aux assouplissements quantitatifs de la Fed pousse l’Euro à la hausse mécaniquement. Concrètement, que faire contre les 85 milliards de dollars d’injection de liquidité mensuelle de la Réserve Fédérale américaine ?

Si l’on ne peut nier que la hausse de l’Euro associée, qui plus est, à la hausse du prix du baril peut défavoriser l’économie de la zone Euro, il convient tout de même de noter que tous les pays ne seront pas logés à la même enseigne :

La Grèce ne serait pas réellement impactée par cette situation. En effet, le pays n’a (quasi) pas d’industrie et exporte peu. Ses partenaires sont exclusivement des membres de l’Union monétaire.

Le Portugal ne devrait pas avoir à pâtir d’un Euro fort. En effet, il faut rappeler que le Portugal exporte 60% vers la zone Euro.

L’Allemagne, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’a pas tout à perdre d’un Euro faible. En effet, ce pays qui réussit à mieux vendre ses produits en dépit d’un Euro fort, serait favorisé par la hausse de la monnaie unique. Le pays est avantagé par un coût du travail qui n’a pas (peu) évolué depuis 10 ans.

La France et l’Italie seraient les pays les plus impactés par une hausse de l’Euro. Leur retard de compétitivité dans le cadre de leurs industries ne pourrait en effet pas être compensé par la hausse de la monnaie commune. La monnaie est devenue une véritable arme commerciale qui s’intensifie lorsque les crises s’aggravent.

Elle est comparable au protectionnisme, mais plus perfide car il n’y a pas de quotas d’importation ou de barrière à l’entrée par exemple.

En cas de hausse continue de l’Euro face aux autres monnaies, il n’est donc pas à exclure que les dirigeants de la Zone usent du protectionnisme pour faire face à la baisse de leur compétitivité.

Mécaniquement, la hausse de la monnaie unique a comme effet de baisser les exportations en augmentant leurs prix vis-à-vis des partenaires commerciaux des dix-sept pays hors de la zone Euro. On estime qu’une hausse de 10% de l’Euro peut amputer jusqu’à un demi point de croissance.

Pas d’union fiscale, pas d’unité, les pays de la Zone Euro ne peuvent donc pas contrôler leur monnaie. Il est faux de dire aujourd’hui que la vigueur de l’Euro reflète la bonne santé de la zone Euro. L’Euro subit, en fait, les soubresauts d’une guerre des monnaies dont ils ne sont que les spectateurs passifs.

Source:lesechos

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