Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
oeilinfo.com

renseignement

Le FBI souhaite rendre obligatoire la présence de backdoors sur le Web

3 Mai 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #Internet, #Sécurité informatique

Le FBI souhaite rendre obligatoire la présence de backdoors sur le Web

Le Bureau explique que ses enquêtes sont rendues de plus en plus difficiles à cause de l’évolution des techniques utilisées pour masquer la présence en ligne.

Autre zone d’ombre, la loi américaine n’a pas encore prévu de moyens pour les enquêteurs de demander la mise sur écoute d’un site bien que le Patriot Act permette d’obtenir l’historique dans le cadre d’une enquête antiterroriste.

C’est pour ces raisons que le FBI voudrait faire voter un projet de loi imposant la création de portes dérobées aux sites web pour permettre une mise sur écoute de conversations en ligne.

Le projet de loi prévoit d’autre part de soumettre les sites ne répondant pas à ces exigences à des amendes ; elles seraient de l’ordre du millier de dollars et pourraient même doubler par jour de retard au-delà d’une période initiale de 90 jours.

Certains comme Michael Sussmann, un ancien procureur fédéral, pensent que « Si les données peuvent aider à résoudre un crime, le gouvernement sera intéressé ».

D’autres comme Greg Nojeim, conseiller au Center for Democracy and Technology, estiment que « Ce projet est voué à l’échec et va conduire des innovateurs vers l’étranger, coûtant des emplois américains. Ils pourraient tout aussi bien appeler la loi cyber-insécurité et anti-emplois ».

Si la loi permet aux entreprises à l’instar de Facebook et Google de développer leurs propres backdoors, elle reste muette quant à la personne qui devra payer le personnel employé pour effectuer le travail.

Source:developpez

Lire la suite

Assassinat de Chokri Belaid, Les services du renseignement français étaient au courant

25 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #international, #Politique

Assassinat de Chokri Belaid, Les services du renseignement français étaient au courant

Les services du renseignement français étaient au courant de l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaid et ils ont même informé le président de la République, Moncef Marzouki et les services de sécurité tunisiens afin d’empêcher l’irréparable.

C’est ce que révèle le journaliste tunisien Ramzi Bettaieb au site d’informations Nawat. Il a fait état hier soir d’éléments se croisant avec les informations publiées par le journal libyen “Akher Khabar” soutenant la fuite de deux des suspects dans l’affaire de l’assassinat de l’opposant tunisien vers la Libye. Il a même soutenu l’existence d’un enregistrement vidéo sur l’assassinat et que l’arme du crime se trouve en Libye.

Ramzi Bettaieb avait révélé précédemment en citant la famille de Chokri Belaïd, que Moncef Marzouki était informé des menaces pesant contre l’opposant de gauche assassiné le 6 février dernier. Une information démentie par le porte-parole de la présidence tunisienne, Adnène Mancer.

Alors que le frère du défunt, Abdelmajid Belaïd avait confié au même journaliste que “mon frère m’a dit texto : la présidence m’a contacté pour me dire que je suis menacé de mort. Et le président m’a proposé une protection mais j’ai refusé parce que cela équivaudrait à (…) contrôler “mes activités”. Pour lui “le président connaît les commanditaires, ceux qui ont décidé de tuer Chokri”.

Source:algerie1

Lire la suite

Etes-vous flické par les services de renseignements français via facebook, un truc simple pour savoir.

24 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Sécurité informatique, #Réseaux Sociaux, #Renseignement

Etes-vous flické par les services de renseignements français via facebook, un truc simple pour savoir.

On sait que la situation sociale en France se dégrade nettement. Crise économique, autisme du gouvernement, forte contestation sociale et démocratique contre les grands projets inutiles et le mariage pour tous, forte méfiance des français en général à l’encontre d’un gouvernement qui se dirige à l’aveuglette et rampe devant les lobbys – qu’ils soient du Marais, de la magouille ou du béton.

On sait que le gouvernement commence à avoir, grossièrement parlant, « les boules » : après Valérie Fourneyon ministre des Sports qui a différé son déplacement orléanais le 11 pour éviter les manifestants contre le mariage et l’adoption pour tous, c’est maintenant Najat Vallaud Belkacem qui refuse de venir à Nantes. Ce matin, un militant contre le mariage pour tous, Samuel Lafont, a été poignardé (4 coups de couteau) par plusieurs individus au métro Odéon. Il est hospitalisé, mais il est peu probable que cet acte violent contribue à calmer le jeu, bien au contraire. Nous apprenons cependant à l’instant que ses agresseurs seraient des Roms. En revanche une personne a bien été agressée physiquement hier par un militant LGBT vers 21h30 près du Sénat.

Mais depuis hier la peur a gagné les services secrets. Nos informations nous permettent de savoir que des milliers de comptes Facebook ont été visités plusieurs fois depuis des adresses parisiennes qui correspondent entre autres aux sièges de casernes de CRS ou d’antennes de la DCRI. Les services d’investigation et de renseignement se sont en effet rendus compte depuis le 24 mars de l’importance des réseaux sociaux et de la lutte 2.0 dans l’action des manifestants – qu’ils soient suiveurs de Mélenchon ou contre le mariage gay puisque d’après nos sources c’est bien la convergence de ces deux ras-le-bol le 5 mai à Paris qui fait craindre au gouvernement le risque de gros débordements, voire même d’une Révolution.

Seulement, les services secrets n’ont pas prévu deux choses : que Facebook permette de tracer ces connexions et surtout que les usagers français de Facebook sachent s’en servir. Les visites suspectes ont eu lieu à partir de Levallois (siège de la DCRI), Argenteuil, Arcueil (bien vérifier qu’il ne s’agit pas de l’IP du centre de France Telecom à la Vache Noire; cette IP peut apparaître si l’on se connecte à Facebook via une connexion 3G itinérante), Vélizy-Villacoublay(direction zonale des CRS Paris), Neuilly-Plaisance, Rosny-sous-Bois (les deux renvoient au Centre national de formation aux systèmes d’information et de communication basé au Fort de Rosny). D’après les informations de neptunya, une multitude de compte a été visitée : notamment des gens de plusieurs paroisses parisiennes, les auteurs de quelques blogs influents et gazettes en ligne catholiques, de royalistes, de militants Bretons, de membres de l’UNI et de l’UMP, mais aussi les comptes de militants d’extrême-gauche, et même de responsables du Parti de Gauche (parti de Mélenchon)… bref un vrai fourre-tout de la France contestataire.

Comment faire alors pour savoir si vous avez été espionné ?

1 – Ouvrez Facebook

2 – en haut à droite sur la barre bleue, cliquez sur le petit cadenas

3 – Dans le menu déroulant, cliquez sur « afficher plus de paramètres »

4 – A gauche, cliquez sur le petit bouclier à coté de Sécurité

5 – Dans le choix de menus, cliquez sur [Modifier] à côté de sécurité

Facebook affiche alors les lieux des dernières connexions – en fait l’antenne la plus proche du lieu où vous vous connectez – ainsi que les périphériques avec lesquels vous vous connectez. Si le lieu de la connexion ou l’appareil utilisé vous paraît incongru ou que vous ne vous souvenez pas de vous être connecté ce jour là, arrêtez la connexion et changez de mot de passe.

Source:neptunya

Lire la suite

DCRI et Wikipédia, trois députés demandent des comptes à Manuel Valls

16 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #France

DCRI et Wikipédia, trois députés demandent des comptes à Manuel Valls

Les députés Marie-Anne Chapdelaine, Christian Paul et Lionel Tardy ont tous trois posé une question écrite au ministre de l'Intérieur sur l'affaire qui oppose l'agence de renseignement française et Wikipédia.

Nouveau rebondissement dans l'affaire entre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Wikipédia. Trois députés, de la majorité et de l'opposition, ont déposé chacun une question écrite au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, sur le fond de l'affaire. La DCRI avait, en début de mois, obligé Wikimedia, éditeur de l'encyclopédie collaborative Wikipédia, à supprimer un article.

Celui-ci porte sur l'implantation d'une station militaire de télécommunications. Il a été rétabli depuis, et a démontré une fois de plus la force de l'effet Streisand, donnant lieu à un rétropédalage en urgence de l'administration et à un triomphe de Wikimedia.

Trois questions de la majorité et de l'opposition

Il n'empêche, les exercices de communication sur la corde dépassés, il reste des questions. Notre blogueur, Thierry Noisette, les résume très bien dans son billet du week-end dernier. Quels sont les faits exacts ? Quelle est la chaîne de responsabilité ? Est-ce une erreur ou une politique ? Quelles conséquences pour Wikimedia et les éditeurs de contenus ?

Dès la fin de semaine dernière, Christian Paul, député PS de la Nièvre et adepte des questions liées au numérique, annonçait sur son blog avoir déposé une question écrite au ministre. Celle-ci est depuis sur le site de l'Assemblée nationale, mais n'est ni la première, ni la dernière.

En effet, un peu avant - selon l'ordre de dépôt représenté par des numéros - Marie-Anne Chapdelaine, députée socialiste d'Ile-et-Vilaine, avait posé une question similaire. Et juste après, le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy "attirait" lui aussi l'attention de Manuel Valls sur le problème.

Liberté d'expression et conséquences

Les trois questions ont été publiées dans l'annexe prévue à cet effet du Journal officiel (JO) du 16 avril 2013. Manuel Valls dispose désormais de deux mois pour y répondre, avec une publication dans le même fascicule.

Les trois députés posent des questions sensiblement similaires, mais avec un angle d'attaque sensiblement différent. Les deux socialistes font surtout appel à "la liberté d'informer" (Chapdelaine), et demandent au ministre "quelles mesures il compte prendre pour protéger nos concitoyens de ce type d'abus et, plus largement, la liberté d'expression sur Internet" (Paul).

Lionel Tardy, plus concis, souhaite surtout "connaître les leçons [que Manuel Valls] tire de cet incident, et ce qu'il compte mettre en oeuvre pour que de tels incidents, regrettables pour tout le monde, ne se reproduisent pas à l'avenir".

Nous l'avons dit, on n'aura pas forcément la réponse tout de suite. Le fiasco, notamment sur le plan de la communication, pourrait pousser le ministre à réagir rapidement. Il a cependant deux mois devant lui s'il le souhaite. Mais dans tous les cas, il devra répondre, et les précisions apportées pourraient être intéressantes.

Source:znet

Lire la suite

Les Services de renseignements français auraient fait tomber Jérôme Cahuzac

15 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #Politique Française, #Justice

Les Services de renseignements français auraient fait tomber Jérôme Cahuzac

Les coupes prévues par l'ex-ministre Jérôme Cahuzac dans le budget de la Défense l'auraient conduit à sa perte. C'est ce qu'affirme L'Hebdo dans son édition de jeudi. L'hebdomadaire romand publie sur le sujet une enquête citant des « sources sécuritaires », des députés UMP et des membres de la Commission de défense de l'Assemblée nationale.

Outre les coupes dans le budget de la Défense, Jérôme Cahuzac envisageait de s'attaquer à l'industrie militaire. Il avait ainsi annoncé en février vouloir renforcer le mécanisme de contrôle et de contre-expertise dans les achats du Ministère de la défense. Une démarche qui lui aurait mis à dos le puissant lobby militaro-industriel au chiffre d'affaires annuel de 15 milliards d'euros.

Concrètement, la taille aurait signifié la suppression de 31 régiments dans l'Armée de terre, la vente du porte-avion Charles-de-Gaulle, l'annulation de commandes d'hélicoptères Tigres et de deux sous-marins nucléaires Barracuda, l'arrêt de production des avions Rafale et des transporteurs Airbus A400M , ainsi que la suppression de quelque 51'000 postes. Des bases françaises à l'étranger auraient été fermées et les budgets des renseignements intérieurs et extérieurs revus à la baisse.

Les « sources sécuritaires » de L'Hebdo sont très claires. Aucun hasard n'est à lire dans cet enchaînement d'événements. « L'armée a eu sa peau. On ne s'attaque pas impunément à nous. Il voulait notre mort. Nous l'avons eu. Et d'autres ministres pourraient suivre si Hollande continue sur cette voie », menace l'une des sources.

Face à la pression de l'armée et de ce lobby, François Hollande aurait été contraint d'agir. La nomination de Bernard Cazeneuve comme remplaçant de Jérôme Cahuzac est ainsi à comprendre comme un geste en direction de l'armée et de l'industrie militaire.

Dans la foulée, le président a également repoussé le débat sur la loi de programmation militaire (LPM) à l'automne. Le temps de revoir sa copie ? Car s'attaquer a notre armée et a notre industrie de l’armement, c'est aussi peut-être indirectement remettre en cause ces RETROS-COMMISSIONS qui financent la vie politique de notre pays !

Il est grandement temps de remettre en cause l'ensemble de notre systeme, et politique, et économique...

Source:agoravox

Lire la suite

Espionnage économique, la guerre des services secrets

15 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #Espionnage économique, #Technos

Espionnage économique, la guerre des services secrets

Infiltrer des sociétés de hautes technologies pour voler des secrets industriels, espionner pour mieux gagner des marchés : la guerre économique est bel et bien lancée ! Le journal de l’Intelligence Economique d’Ali Laïdi a enquêté sur les heures les plus sombres de l’espionnage industriel transatlantique.

A la chute du bloc communiste en 1991, les services secrets de l’Alliance Atlantique sont en pleine crise d’identité. Privés de leur ennemi soviétique, il leur faut trouver un nouveau combat.


France, Etats-Unis, Royaume-Uni … les Etats comprennent que le nouvel ordre mondial reposera dorénavant sur leur prospérité économique. Les services secrets du monde entier partent donc à la conquête des marchés. Ils n’hésitent pas à infiltrer des entreprises étrangères afin de leur voler leurs secrets technologiques.

Au début des années 80, la DGSE française (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) entreprend ainsi d’infiltrer 49 entreprises américaines. Des ingénieurs français se font embaucher chez IBM, Hewlett Packard ou encore Texas Instrument, et tentent d’accéder à des secrets industriels américains. Le gouvernement français est pris en flagrant délit par la CIA, qui crie à la trahison.


L’espionnage technologique n’a cependant rien d’extraordinaire estime Jean Guisnel, journaliste au Point et co-auteur du documentaire réalisé par David Korn-Brzoza : "L'espionnage c'est une culture. C’est aussi de nouvelles expériences. Dans les années 80, tout le monde faisait de l'espionnage économique. Et aujourd'hui encore il y a des entreprises qui sont pénétrées par des services étrangers dans tous les pays. C'est une constante avec des priorités variables".

"Dans ce monde, il n’y a pas d’ami", précise le journaliste ! "Les services secrets sont fait pour faire des choses illégales. On peut collaborer sur des services stratégiques essentiels et se faire des coups un peu pervers par ailleurs", estime ainsi Jean Guisnel.

La preuve par l’exemple ! Après s’être indigné des pratiques françaises, c’est au tour des américains d’être pris la main dans le sac ! En 1992, à la veille de grandes négociations commerciales, la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) découvre qu'un jeune conseiller d’Etat français est en lien avec une américaine, qui travaille en réalité pour la CIA et lui soutire des renseignements sur les intentions commerciales françaises !

Pour Jean Guisnel, on assiste à une escalade dans la guerre économique : "Il n'y a pas de règle dans ce monde [de l’espionnage] !".
Afin de conquérir des marchés, hier comme aujourd’hui, il est ainsi primordial de savoir quel est le jeu de ses partenaires aussi bien que celui de ses adversaires. Et les gouvernements ne lésinent pas sur les moyens : "Chantages, pressions, fautes de jeunesses, écarts de conduite révélées ou pas ... tout est utilisable", précise Jean Guisnel.

Et même si les anciens agents ne nous confieront jamais tous leurs secrets, on peut supposer que l’histoire de l’espionnage économique est faite de petites victoires : "La France ne continuerait pas à dépenser des centaines de millions par an pour espionner ses amis et ses adversaires s’il n’y avait pas de résultat. Quand un service utilise les plus puissants ordinateurs du monde pour faire de la cryptanalyse, pour casser les codes secrets, c'est notamment pour casser les codes secrets des ambassades amies…", conclut le journaliste.

Source:france24

Lire la suite

Coup de gueule de Tracfin contre les billets de 500 euros

15 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Economie, #Renseignement

Coup de gueule de Tracfin contre les billets de 500 euros

Le service Tracfin (Traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins) est peu connu du grand public. Le troisième et dernier volet de cette série de trois articles s'est intéressé aux coups de gueule du directeur de Tracfin, Jean-Baptiste Carpentier : les billets de 500 euros, la TVA carbone, la coopération européenne en matière de blanchiment.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi nous fabriquons des billets de 500 euros », regrette le patron de Tracfin (Traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins), Jean-Baptiste Carpentier. Et de rappeler qu'une étude britannique a conclu que plus de 80 % de la circulation de ces coupures est liée à la fraude et à la criminalité, dont la fraude fiscale. Bien que n'étant pas membre de la zone euro, le Royaume-Uni ne les accepte plus dans les opérations de change manuel. Pourtant, malgré les demandes récemment faite par le ministre du Budget, aucune réflexion n'est engagée sur le sujet au sein de l'Union européenne. « Certes l'Allemagne est attachée à ce billet, mais ce pays n'est pas plus insensible que nous à la fraude fiscale, notamment celle qui sévit dans certains pays du Sud », fait observer.

La monnaie électronique qu'entend favoriser une directive européenne est également dans le collimateur du patron de Tracfin. Elle est « potentiellement dangereuse car elle est intraçable ». « Rien n'empêche de détenir des centaines de milliers d'euros sur une carte en plastique, sans aucun contrôle possible, rappelle Jean-Baptiste Carpentier. Il serait vain de lutter contre les évolutions technologiques, mais mettre en place un tel instrument sans envisager simultanément des garde-fous et des contrôles, au moins pour lutter contre la fraude fiscale, pose problème ».

Blanchiment : les failles de la coopération entre pays

La coopération européenne et internationale a ses limites. Y compris dans le cadre du Groupe d'action financière, créé sous l'impulsion des États-Unis et de la France. Puis chaque membre a créé une structure comparable à Tracfin. « La coopération internationale rencontre souvent des limites du fait de la tolérance plus ou moins grande des différents États à l'égard des mouvements financiers, voire de la fraude fiscale », explique Jean-Baptiste Carpentier. Sans compter les différences culturelles : le recours à l'argent liquide, que les Français utilisent moins que les Espagnols par exemple, est apprécié différemment selon les pays. Pour autant, « le réseau international fonctionne, bien que l'Union européenne soit très en retard par rapport à la réalité financière », déplore-t-il. Pourquoi ? « Dans ce domaine, comme dans d'autres, on a mis la charrue avant les bœufs dans la mesure où le marché financier européen est quasi parfait - les capitaux y circulent librement - mais aucun organe d'information à sa mesure n'a été prévu ».

Sur la coopération dans le blanchiment, des pays, y compris au sein de l'Union européenne, sont « plus redoutables que le Luxembourg, en particulier ceux dont le système bancaire est structurellement gangrené par la mafia et où l'on peut sans problème déposer sur un compte les liasses de billets sorties d'une mallette. La plus ou moins grande diligence des autorités des différents pays à appliquer les règles communes de vigilance pose un véritable problème », rappelle Jean-Baptiste Carpentier. Le Luxembourg, « à la réserve près de la problématique fiscale, et qui n'est pas mince, est un partenaire plutôt fiable à condition de le convaincre que nous ne nous occupons pas d'un type de fraude fiscale qui n'est pas réprimé au Luxembourg - qui je le rappelle, réprime la fraude fiscale mais la définition qu'il en donne n'est pas la nôtre ».

La TVA carbone, ou mettre "une Ferrari au pied d'une tour d'Aubervilliers avec les clefs dessus"

Nouveau coup de gueule du patron de Tracfin. « Certaines naïvetés me laissent pantois, y compris en France », explique-t-il. De quoi s'agit-il ? De la TVA carbone. « Rappelez-vous l'expérience cuisante pour les finances publiques de la TVA carbone instaurée pour des motifs environnementaux. Pendant que le dispositif se négociait à Bruxelles, la criminalité organisée réfléchissait déjà au moyen d'en profiter. Six mois après, plus d'un milliard d'euros échappaient au fisc en quelques jours ». Pour le patron de Tracfin, « mettre en place une TVA carbone sans se poser la moindre question sur les risques revenait à laisser une Ferrari au pied d'une tour d'Aubervilliers avec les clefs dessus... Mais l'accès au marché devait à tout prix être libre, à tel point qu'au Danemark il suffisait, pour faire du commerce de carbone, d'avoir une adresse électronique valide. Dans ces conditions, frauder était à la portée d'un enfant de dix ans : il suffisait de vendre TTC et d'acheter hors taxe, puis de disparaître sans reverser la TVA. Si l'on veut privilégier la liberté de circulation des capitaux, il faut parer en même temps aux risques de détournement ».

Source:latribune

Lire la suite

Affaire Wikipédia - DCRI, une enquête ouverte contre un sous-officier

13 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #Internet

Affaire Wikipédia - DCRI, une enquête ouverte contre un sous-officier

Après avoir menacé de mettre en examen un administrateur de Wikipedia qui refusait de supprimer un article sur une installation militaire française, la DCRI a ouvert une enquête contre un sous-officier de l'armée. Il est accusé d'avoir divulgué des documents secrets.

Décidément, la Direction Centrale du Renseignement Intérieure (DCRI) semble déterminée à taire toutes les informations sur la station militaire hertzienne de Pierre-sur-Haute (Auvergne).Début mars, les renseignements généraux français ont contacté la Wikimedia Foundation, l'hébergeur de l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Elle exigeait tout simplement la suppression d'un article concernant cette installation militaire française. Selon les informations du site Le Point, un sous-officier fait l'objet d'une enquête militaire pour avoir dévoiler à la presse des matériels et des procédures classés secret défense.

Pour justifier sa publication et refuser la censure, Wikimédia rappelait que la quasi-totalité de son article était attestée dans un documentaire réalisé par une chaîne régionale, TL7 . Toujours en ligne sur le site de TL7, il avait été conçu avec le plein soutien de l’armée, selon des documents publiés sur Le Point. Et c'est justement le sous-officier Pierre Jeansac, qui a aidé à la réalisation du reportage de la télévision locale TL7 dans la station hertzienne militaire fin 2004, qui fait actuellement l'objet d'une enquête conduite par les autorités militaires. "Leministère de la Défense reprocherait au sous-officier d'avoir dévoilé sans autorisation des matériels et des procédures secrets, concernant notamment la chaîne de transmission du feu nucléaire", écrit le site.

Un reportage pourtant contrôlé par l'armée

Le reportage de Télévision Loire 7 (TL7) avait pourtant été autorisé par l'armée, comme le prouvent les documents publiés mardi par Le point. "Une demande qui avait été honorée immédiatement (...) L'armée avait donc eu accès au reportage dès sa première diffusion, en 2005". Interrogé par Le Point.fr, le patron de TL7 déclare "(s)'attendre" à être censuré par la DCRI, car son "reportage contient certainement plus d'informations sensibles que l'article de Wikipédia". Il s'est aussi montré très ému : "Cela me crèverait le coeur que le major (aujourd'hui sous-officier) Jeansac ait des ennuis."

Dans le même temps, la DCRI et le parquet anti-terroriste de Paris poursuivent leurs efforts pour faire disparaître d'Internet les informations qu'ils considèrent comme sensibles. En vain. La DCRI a bien cru pouvoir obtenir la censure de l'article Wikipédia facilement. Mais c'était sans compter sur la détermination et la solidarité de la communauté 2.0. Non seulement l'article en cause a été restauré par un administrateur suisse, mais il a battu tous les records de visites, et vient d'être traduit en 12 langues. Il a reçu plus de lecteurs en une journée que depuis le début de sa création. Internet contre DCRI, qui va gagner ?

Source:metrofrance

Lire la suite

Terrorisme, quand Tracfin débusque les hommes infidèles

13 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Economie, #Renseignement

Terrorisme, quand Tracfin débusque les hommes infidèles

Le service Tracfin (Traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins) est peu connu du grand public. Le deuxième volet de cette série de trois articles s'intéresse à la guerre que livre Tracfin contre le terrorisme, et plus précisément sur le financement du terrorisme. Ce qui peut donner lieu à des situations cocasses... comme débusquer les hommes infidèles ayant plusieurs comptes.

C'est toute la difficulté de la mission de Tracfin (Traitement du renseignement et d'action contre les circuits financiers clandestins), à savoir « discerner ce qui est licite ou non » dans la guerre qu'il livre au terrorisme à travers les masses de flux financiers, explique son patron, Jean-Baptiste Carpentier. Et cela peut parfois tourner à certaines situations comiques, comme le raconte le directeur de Tracfin : « lorsque le dispositif anti-blanchiment a été mis en œuvre, un certain nombre de déclarations adressés par les établissements bancaires ont pu procéder d'une mauvaise interprétation d'opérations faites par une certaine clientèle - souvent des hommes d'environ 40 ans - dont la vie sentimentale se compliquait et qui s'efforçait de la dissimuler à son épouse légitime : les opérations suspectes aux yeux des banquiers se multipliaient alors que les individus étaient parfaitement honnêtes ».

Porosité entre délinquance et terrorisme

Plus sérieusement, la lutte contre le terrorisme se confond souvent avec la traque de la délinquance de droit commun. Selon Jean-Baptiste Carpentier, il y a une « porosité croissante entre financement national et financement étranger, et, à l'intérieur des frontières, entre délinquance et terrorisme ». C'est le cas en Corse, qui est « atypique - il s'agit bien plus de délinquance que de terrorisme », souligne-t-il. Selon le patron de Tracfin, « il est clair que la délinquance criminelle qui sévit dans une de nos îles méditerranéennes (la Corse, ndlr) se trouve une justification « morale » en détournant quelques centaines de milliers d'euros pour la « Cause » alors que le reste est investi dans des filles et dans du jeu ».

Le terrorisme islamiste entretient des liens de plus en plus étroits avec la délinquance de droit commun. Comment ? « Le travail au noir peut être organisé par des réseaux extrêmement structurés occupant des milliers de personnes et brassant des millions d'euros. Des sociétés éphémères s'organisent en réseau et fonctionnent quelques mois, en franchise fiscale et sociale. Elles recrutent sur les parkings de certains supermarchés des centaines d'esclaves - il faut appeler les choses par leur nom - qui sont payés avec de l'argent liquide provenant parfois du trafic de drogue ». Tracfin identifie ainsi des filières communautaires montées par des ressortissants de pays sensibles, notamment les Pakistanais « particulièrement bien organisés », et Tracfin débusque « des circuits de dérivation qui aboutissent à des associations fondamentalistes », explique Jean-Baptiste Carpentier. Ce cas de figure est de plus en plus fréquent, estime-t-il.

Financements des lieux de culte musulman en question

Le financement de certains lieux de culte musulman, et de certaines structures associatives cultuelles, suscite bien des questions pour Tracfin. « Il y a un peu plus d'un an, nous avons relevé qu'une association de financement d'un lieu de culte avait recueilli plus d'un million d'euros en liquide en vingt-quatre heures, relate Jean-Baptiste Carpentier. Vous comprendrez ma perplexité compte tenu de la porosité entre la délinquance de droit commun et le financement de certaines mouvances radicales. Il ne faut pas négliger que c'est aussi une façon de s'acheter une bonne conscience : quand on se livre au trafic d'êtres humains, par exemple, qui n'est recommandé par aucune des grandes religions, on achète sa conscience en subventionnant telle ou telle structure prétendument religieuse, indirectement affiliée à des terroristes ».

A partir de quels montants, Tracfin se lance dans une enquête ? « Il n'y a pas de seuil de déclenchement des investigations et nous n'en voulons pas, d'autant que la définition que donne le code pénal du blanchiment - le recyclage de fonds issus d'une activité criminelle ou délictuelle - n'en prévoit pas. En pratique, nous appliquons l'adage de minimis non curat praetor (« le chef ne s'occupe pas des petites choses ») dans la mesure où nos moyens ne permettent pas de tout voir dans le « brouillard » dans lequel nous évoluons. Toutefois, il nous arrive régulièrement de travailler sur des flux de quelques milliers d'euros quand nous disposons déjà d'informations ou selon les priorités du moment. On peut par exemple suivre au plus près ce qui se passe en Corse ».

Une loi pour renforcer la législation en préparation

La France est en train de renforcer sa législation pour mieux traquer les flux financiers suspects. Le texte en cours de discussion ouvre la possibilité pour le gouvernement d'obliger par décret le secteur financier à transmettre à Tracfin des informations systématiques. Dans le cadre de la loi de transposition de la directive relative à la monnaie électronique, le législateur a par ailleurs prévu de nous donner un accès systématique aux opérations de transferts d'argent réalisés par des entreprises telles que Western Union, car il s'agit d'un instrument privilégié de financement du terrorisme. « Le gouvernement fixera par décret le seuil à partir duquel les informations nous seront transmises systématiquement. Nous pourrons ainsi potentiellement recevoir, comme nous l'avions demandé, plusieurs centaines de milliers d'informations annuelles », explique le patron de Tracfin.

Le gouvernement déterminera également les catégories d'information faisant l'objet d'une notification, en fonction du pays d'origine ou de la nature des opérations. « A titre d'exemple, qui n'est pas nécessairement à suivre, les Américains ont ainsi mis en place un dispositif de transmission à l'équivalent de Tracfin de l'intégralité des virements bancaires en provenance et à destination des États-Unis, soit entre 500 millions et un milliard d'informations par an. Une telle masse d'informations ne peut être traitée que par balayage électronique mais elle constitue une source d'informations indispensables », assure Jean-Baptiste Carpentier.

Les leçons du 11 septembre 2001

Après le 11 septembre 2001, une certaine doctrine d'origine essentiellement américaine estimait que, pour éradiquer le terrorisme, il suffirait de tarir ses sources de financement. D'où les missions confiées à partir de cette date aux cellules de renseignements financiers. « Cette idée est dans une large mesure remise en cause car le terrorisme ne nécessite pas forcément des moyens de financement conséquents, sans qu'il faille y renoncer totalement. Certes, il suffit d'un couteau de cuisine pour commettre un attentat, mais, en pratique, tout réseau terroriste a besoin d'un minimum d'infrastructures, d'une logistique financière, de moyens d'existence ».

Pour le patron de Tracfin, « on peut lutter contre le terrorisme par le biais du financement parce qu'il laisse des traces - parfois un simple péage d'autoroute réglé par carte bancaire. Il faut savoir les exploiter. Nous travaillons un peu à la manière des écoutes téléphoniques qui utilisent de moins en moins le contenu des communications et de plus en plus les métadonnées. À partir d'informations obtenues par la communauté du renseignement sur certaines cibles, nous reconstituons les réseaux financiers permettant leur détection. Dans ce cas, nous travaillons au premier euro ».

Source:latribune

Lire la suite

Le monde en 2020 selon la CIA

13 Avril 2013 , Rédigé par Stéphane Publié dans #Renseignement, #international

Le monde en 2020 selon la CIA

Pour vous, et pour moi aussi jusqu’à récemment, la CIA (Central Intelligence Agency) était sans doute un organisme mystérieux fermé à toute publication sur Internet ; eh bien, détrompons-nous : non seulement la CIA a un site Internet, mais encore on peut y trouver des informations très intéressantes pour tous ceux qui, à l’image des lecteurs de GLOBECO, veulent comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain …

Ainsi, cette vénérable institution vient de publier, sous le timbre de son « Conseil national de l’intelligence » (eh oui !) une étude passionnante de 123 pages qui s’appelle : « Projet 2020 du conseil national de l’intelligence » (en Anglais : « National Intelligence Council’s 2020 project »), que vous pouvez trouver très facilement in extenso sur le site de la CIA ; à vrai dire, ce n’est pas la première fois que la CIA se livre à cet exercice : dans le numéro de GLOBECO consacré à 2020, j’avais déjà fait mention de ces travaux que la CIA renouvelle tous les 5ans ; la dernière fois, l’étude concernait 2015 ; cette fois, l’horizon est 2020.

La méthode est toujours la même : la CIA désigne deux ou trois « chefs de projet » parmi les plus prestigieux des chercheurs du monde entier, ou du moins des Etats Unis ; ces derniers s’entourent eux-mêmes des meilleurs « stratèges » mondiaux, et pas seulement américains ni occidentaux, concernant les grands problèmes du monde actuel ; ils tiennent des journées de travail dans toutes les grandes régions du monde, depuis l’Inde et l’Afrique du Sud jusqu’à la Hongrie et le Chili, et il en sort un rapport très argumenté, agrémenté d’un résumé très bien fait d’une dizaine de pages qui vous évitera de lire le texte entier si vous êtes pressé ou si vous lisez difficilement l’Anglais ; GLOBECO vous offre une autre solution : lire cet article, soit pour solde de tout compte, soit pour vous donner envie de lire le texte ou du moins son résumé.

Quelles sont donc les grandes tendances (trends) qui marqueront le monde de 2020 ?

1 - Première « mégatendance » (megatrend) : la mondialisation

Sans aucun doute, c’est la mondialisation qui sera la marque principale du monde de 2020, dans la mesure où elle influencera tous les autres aspects ; cette mondialisation est considérée comme inéluctable, sauf guerre ou crise économique majeure, et elle aura des conséquences bénéfiques : en particulier, la création mondiale de richesses devrait être supérieure en 2020 de 80 % par rapport ce qu’elle est aujourd’hui, mais elle ne sera pas uniformément répartie et des régions entières comme l’Afrique subsaharienne resteront à la traîne.

Les auteurs du rapport considèrent que cette croissance supplémentaire et très importante pourra se faire sans que se posent des problèmes insupportables de disponibilité en énergie ou d’environnement : les chercheurs et les industriels seront dans ces domaines plus efficaces que les gouvernements.

Autre point fort du rapport : les pays qui profiteront le plus de la mondialisation seront ceux qui sauront mettre en œuvre et développer les nouvelles technologies de l’information, mais plus encore les biotechnologies et les nanotechnologies.

Les lecteurs de GLOBECO n’auront aucune peine à suivre les auteurs du rapport sur ce premier point : GLOBECO a été créé il y a près de 10 ans en partant de l’idée que la mondialisation serait la tendance majeure du début du 21 ème siècle.

2 – Deuxième grande tendance des années qui viennent : l’émergence de la Chine et de l’Inde.

Le 21e siècle sera celui de l’Asie, comme le 20e a été celui des Etats Unis, et la mondialisation sera de moins en moins occidentale et de plus en plus asiatique : telle est la conviction de nos auteurs, non seulement pour des raisons démographiques, mais aussi parce que la Chine et l’Inde auront acquis en 2020 une puissance économique, financière, technologique et militaire telle que ces deux pays surpasseront, par exemple, n’importe quel pays européen en influence et en pouvoir.

Le rapport indique également que le Brésil et l’Indonésie pourraient être les grands gagnants du bouleversement mondial des années à venir ; par contre, l’Union européenne, la Russie et le Japon devraient perdre de l’influence dans le grand jeu mondial, notamment du fait de leur déclin démographique.

Le résultat devrait être un bouleversement complet des notions qui sont aujourd’hui les nôtres concernant les rapports Nord-Sud, Est Ouest, pays alignés et non alignés, pays développés et pays en développement : un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux !

Pourtant, en 2020, une réalité existera toujours : la prépondérance des Etats Unis, mais leur puissance pourrait et devrait être érodée par les nouveaux acteurs mondiaux venus d’Asie.

3 – Troisième grande tendance : des « gouvernances » plus difficiles et une insécurité envahissante

Les Etats continueront à être la base de la puissance et de la gouvernance mondiale, mais il leur sera de plus en plus difficile d’exercer leur pouvoir : la mondialisation, notamment avec Internet, rendra plus ardu l’exercice du pouvoir national, pendant que les grandes entreprises mondiales et les ONG auront de plus en plus de pouvoirs et de moyens, aux dépens des Etats condamnés par la démocratie à lorgner le court terme.

L’autre grande difficulté viendra de l’émergence d’une contestation de la démocratie et des valeurs occidentales par l’Asie, par l’Islam et par des mouvements religieux attachés à privilégier le choc des civilisations plutôt que l’avènement de la démocratie libérale ; encore heureux si ces mouvements contestataires d’inspiration ethnique ou religieuse ne se procurent pas, d’ici à 2020, des armes de destruction massive, notamment chimiques ou biologiques plutôt que nucléaires. Le rapport évoque ouvertement un risque de recul de la démocratie dans le monde, même s’il est assez confiant sur l’évolution de la Chine dans ce domaine.

Plus difficile sera également la gouvernance au niveau international ; visiblement, pour les auteurs du rapport, l’ONU et son immense machine, qualifiée d’obsolescente, ne sont pas capables de faire face à tous ces dangers qui incluent la grande criminalité internationale !

Du coup, le risque d’une insécurité envahissante existe bien, même si le monde sera plus riche grâce à la mondialisation ; le choc de cette dernière et les bouleversements qu’elle implique seront tels en effet que même les classes moyennes des pays développés seront touchées par les délocalisations ; la conséquence sera une grande instabilité, du fait que les gouvernements risquent d’être plus faibles, que les économies des pays développés croîtront moins vite, que les mouvements religieux exploiteront ces situations et que les jeunes sans avenir des pays pauvres seront disponibles pour suivre n’importe quel extrémiste.

Certes, il n’y a pas a priori de risque d’escalade vers un grand conflit mondial, mais on ne peut exclure des conflits militaires régionaux, non seulement au Moyen Orient, mais aussi au Cachemire, entre les deux Corée et dans le détroit de Formose entre la Chine et Taïwan.

Face à cette situation, il appartiendra aux Etats Unis de tisser des relations plus confiantes avec l’Union européenne et plus fortes avec les grandes nations asiatiques, mais il faut également savoir que, d’ici à 2020, les Etats Unis seront toujours les seuls à pouvoir s’opposer réellement aux mouvements terroristes et à pouvoir maintenir ou rétablir la paix dans les endroits les plus dangereux de la planète ; pour les auteurs du rapport, cela requiert une profonde réflexion sur les moyens de mettre en place un nouvel ordre international !

4 – Les 4 scénarios

Le premier scénario est intitulé « Davos world » : c’est un monde où la croissance, le développement et la démocratie l’emportent sur tout le reste et où la pauvreté, la misère et la violence ont de moins en moins de place ; c’est le scénario optimiste par excellence ;

Le second scénario est intitulé : « Pax americana » : dans ce scénario, les Etats Unis accentuent leur rôle de gendarme du monde et éteignent l’un après l’autre les incendies qui naissent ici et là ;

Le troisième scénario est intitulé : « A new califate » : dans ce scénario, les musulmans constituent une vraie puissance mondiale capable de rivaliser avec l’Occident considéré comme un ennemi ;

Le quatrième scénario est intitulé : « Cycle for fear » ; dans ce scénario, les mesures de sécurité sont poussées à un tel point dans le monde qu chacun se demande s’il ne vit pas dans un monde digne d’Orwell !

Le rapport indique que ces 4 scénarios ne sont pas exclusifs et qu’ils peuvent interférer les uns avec les autres.

5 – Quelques remarques

Globalement, je suis d’accord avec les conclusions de ce rapport, comme en témoigne tout ce que j’ai écrit dans GLOBECO et dans les articles rassemblés sur mon site Internet (www.globeco.fr) sous la rubrique : « Il ne faut pas désespérer la planète. »

Quelques remarques, voire quelques critiques, me paraissent cependant pouvoir être faites :

D’abord, il me semble que les éléments démographiques ne sont pas assez présents dans le rapport ; certes, ces éléments sont pris en compte pour expliquer la plus grande influence probable de la Chine et de l’Inde et la moindre influence probable de l’Europe, du Japon et de la Russie, mais ils n’entrent pas en ligne de compte mondialement ; or, il est bien certain que le problème se posera de plus en plus au niveau mondial, au fur et à mesure qu’on s’approchera du maximum de population mondiale, c’est à dire entre 2050 et 2060 ; on n’y est pas encore mais il serait dommage de l’ignorer ; vous pouvez consulter à ce sujet mon article intitulé ; « Démographie mondiale, attention, danger ! » sur mon site Internet www.globeco.fr, rubrique : « il ne faut pas désespérer la planète ».

Ensuite, les comparaisons entre pays sont faites à partir de chiffres en dollars calculés selon la méthode des dollars courants ; il me semble qu’il serait préférable de prendre la méthode de la parité de pouvoir d’achat, qui permet de mieux comparer les pays entre eux ; ainsi, si on prenait la méthode des dollars en parité de pouvoir d’achat, on verrait que le PIB global de la Chine risque de dépasser le PIB des Éts Unis avant 2025, ce qui ne se voit pas du tout si on choisit exclusivement l’autre méthode !

De la même façon, je suis surpris que le rapport mette sur le même pied l’émergence de la Chine et de l’Inde en tant que puissances économiques ; en réalité, la puissance économique chinoise sera pratiquement au même niveau que celle des Etats Unis dès 2020-2025, mais il faudra attendre au moins 10 ans de plus pour que l’Inde se retrouve au même niveau que les Etats Unis en termes de puissance économique globale ; par ailleurs, je ne suis pas sûr que le Brésil et l’Indonésie accèdent en 2020 au statut de grande puissance mondiale ; il y a tellement d’incertitudes concernant le développement de ces deux pays !

Autre surprise : le rapport me paraît traiter avec un certaine désinvolture le changement climatique : point n’est besoin d’être un ayatollah de l’écologie pour savoir qu’il s’agit d’un vrai problème et que les Etats Unis devraient s’en soucier dès à présent comme nous tous !

Enfin, le rapport passe également sous silence les risque économiques que font courir au monde les déficits budgétaires et commerciaux des Etats Unis ; pourtant, il s’agit là sans doute d’un des dangers principaux de crise économique et financière grave que court notre monde : pourquoi l’ignorer ?

Source:geopolintel

Lire la suite
1 2 3 > >>